Vingt-et-deuxième Ami: François Villon, “Ballade des dames du temps jadis”

Dans ABC of Reading, Ezra Pound a écrit qu’un homme ne peut pas comprendre la poésie s’il ne lit qu’une seule langue. Il a énuméré des auteurs importants pour le développement de la poésie anglaise et il a inclus quelques Français. En gardant ce point à l’esprit, j’ai pensé qu’il serait approprié de discuter d’un des poètes mentionnés par Pound comme étant importants pour la poésie anglaise. Nous allons donc rencontrer aujourd’hui François Villon.

François Villon c’est un pseudonyme de François de Montcorbier ou François des Loges, qui est né à Paris en 1431. Sa vie était très intéressante, alors il vaut la peine de lire au moins un article à son sujet, mais, brièvement, il passa une grande partie de sa vie en prison et au bannissement pour des crimes comme le brigandage et l’assassinat d’un prêtre lors d’une bagarre.  La dernière chose que nous savons de lui, en janvier 1463, il a était condamnés à mort pour sa part dans une bagarre, mais cette peine a été commuée en bannissement à Paris par le Parlement. Le reste de sa vie est inconnu.

Quant à sa poésie, je ne connais pas très bien le vers français, je devrai donc me fier aux descriptions des autres. Sa poésie est techniquement impressionnante, avec des compteurs et des schémas de rimes difficiles. Il semble que ses études universitaires médiévales se soient effectivement établies malgré sa vie de bohème. Son œuvre la plus connue est le long poème Le Testament, qui exprime ses peurs et déplore sa jeunesse perdue. Jetons un coup d’oeil à une sélection du Testament, “Ballade des dames du temps jadis”.

Dictes moy où, n’en quel pays,
Est Flora, la belle Romaine ;
Archipiada, ne Thaïs,
Qui fut sa cousine germaine;
Echo, parlant quand bruyt on maine
Dessus rivière ou sus estan,
Qui beauté eut trop plus qu’humaine?
Mais où sont les neiges d’antan!

Où est la très sage Heloïs,
Pour qui fut chastré et puis moyne
Pierre Esbaillart à Sainct-Denys?
Pour son amour eut cest essoyne.
Semblablement, où est la royne
Qui commanda que Buridan
Fust jetté en ung sac en Seine?
Mais où sont les neiges d’antan!

La royne Blanche comme ung lys,
Qui chantoit à voix de sereine;
Berthe au grand pied, Bietris, Allys;
Harembourges qui tint le Mayne,
Et Jehanne, la bonne Lorraine,
Qu’Anglois bruslerent à Rouen;
Où sont-ilz, Vierge souveraine ?
Mais où sont les neiges d’antan!

Prince, n’enquerez de sepmaine
Où elles sont, ne de cest an,
Qu’à ce refrain ne vous remaine:
Mais où sont les neiges d’antan!

C’est excellent et j’aime beaucoup la ligne “Mais où sont les neiges d’antan!” L’image de la neige fonctionne bien car elle est belle tant qu’elle dure, mais bien sûr, elle ne dure pas très longtemps. La ligne “La royne blanche comme un lys” est astucieux. Ce poème est aussi une longueur parfaite, assez long pour qu’il cite plusieurs exemples de femmes célèbres du passé (et gardez à l’esprit, un thème du Le Testament est la mort et la vieillesse) et donne son point être ennuyeux.

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